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Toyota C-HR Hybride

Une allure sportive !

22 ans après la première mouture du RAV4 aussi « fun » que vif, Toyota donne naissance au C-HR, un SUV au style délibérément sportif et particulièrement réussi. Mais pour les performances, il faudra attendre et se contenter d'une mécanique hybride qui fait la fortune du constructeur japonais. Son tarif débute à 28.500 €.

Il y a bien longtemps que Toyota ne s'était fait remarquer par un style original et le nouveau-né du japonais est remarquable par son apparence, mais le C-HR ne peut pas faire référence ni au mot sport, ni à celui d'utile. Il est davantage dans l'air du temps, un Coupé Hybride Raisonnable. Chez Toyota, on le définit comme Coupé Higth Rider, faisant référence à sa position dominante de conduite. Bref, la vitesse, c'est dépassé et l'allure doit suffire à notre bonheur. De ce côté là, les stylistes ont bien réussi leur coup mariant les courbes et les lignes brisées avec justesse pour donner à l'ensemble un sentiment de robustesse et de dynamisme. Long de 4,36 m, le C-HR apparaît effectivement comme un coupé avec une ligne de toit très inclinée prolongée d'un becquet coiffant le hayon, tandis que les poignées de portes arrière sont camouflées dans le haut des montants. Toutefois, la garde au sol rehaussée et les grandes arches de roue abritant des jantes de 18 pouces confirment une vocation de tout chemin... ou de tout trottoir.

> Un habitacle cossu et de finition exemplaire
L'intérieur du C-HR offre aussi une présentation de la planche de bord et du poste de conduite très soignée, mariage du fonctionnel s'exprimant par un cockpit orienté vers le conducteur et de l'émotionnel avec une atmosphère chaleureuse par un choix de matériaux de qualité. Ainsi, l’écran tactile de 20 cm dominant la console centrale se montre d'une visibilité parfaite et son entourage d'un bleu laqué, se prolongeant jusque sur les panneaux de portes, apporte une touche aussi insolite que gaie. Les commandes tactiles du système audio comme du système de navigation et des services connectés sont bien sûr facilitées. Les passagers avant sont bien installés dans des fauteuils confortables, mais à l'arrière la faible garde au toit risque de gêner les plus grands. Enfin, le coffre n'est pas vraiment généreux mais la banquette se replie en 1/3-2/3.

> Des moteurs sans trop de punch
Sous son capot, le ramage n'est pas à la hauteur du plumage, mais cela viendra certainement plus tard. Pour son lancement, Toyota table essentiellement sur son système hybride, le même en place dans la Prius IV, à savoir un 1,8 litre de 98 ch épaulé par un moteur électrique de 53 ch qui prend son énergie dans une batterie nickel-hydrure placée sous la banquette, le tout donnant au mieux 122 ch sur le train avant. Il est associé à une transmission à variation continue qui a l'avantage d'une progression souple et sans à-coup, mais d'une sonorité lancinante en accélération et sans tonus à la reprise. L'intérêt du système se révèle essentiellement en ville où il est possible de progresser quelques instants sur le seul moteur électrique. En positionnant le levier central sur le mode B, un frein moteur se met en action lors du lever de pied de l'accélérateur et recharge la batterie.

> Un bon comportement routier sous employé
Sur la route le C-HR se comporte de façon remarquable, ce qui fait d'autant plus regretter l'absence d'une motorisation brillante. Reprenant la plateforme et le train arrière multi bras de la Prius, il se révèle agile en virage avec un train avant McPherson spécifique qui s'accroche à la chaussée presque sans roulis et bien guidé par une direction précise. Profitant de ses qualités, auxquelles on peut ajouter le confort, en demandant le maximum à cette motorisation hybride, aussi bien en montagne que sur autoroute, l'ordinateur du C-HR affiche alors 7,3 litres. Une conduite plus paisible fait vite descendre la consommation sous les 5 litres et même sous les 4 litres en ville. Toyota compte vendre le C-HR à 85 % en hybride, et le reste animé par un moteur turbo essence 1,2 litre de 116 ch associé à une boîte mécanique à 6 rapports, ou à la boîte CVT mais en 4 roues motrices. En toute logique, pas de Diesel prévu et pas de quoi s'en plaindre, pas de 4x4 en hybride non plus et c'est dommage, mais cela devrait venir.
Philippe Lacroix