Et encore... Automobile

Suzuki Ignis

Un campagnol urbain

Suzuki ressort l'Ignis avec un look original SUV, toujours de taille réduite et idéale pour la ville, mais aussi pratique pour la campagne et la montagne dans sa version 4x4. Son tarif de lancement également mini démarre à 10.690 €.

Le style SUV est à la mode dans cette décennie qui court, mais personne encore ne s'était aventuré dans le créneau des tailles mini moins de 4 mètres. Suzuki, grand spécialiste des petits véhicules, se lance dans l'aventure en reprenant le nom d'Ignis apparu à l'aube de l'an 2000 sous les traits d'une berline-break déjà haute sur pattes. Toutefois, le dessin du nouvel Ignis est bien plus attractif et attire les regards, se distinguant notamment par son aspect trapu et ramassé sur lui-même pour afficher une longueur de seulement 3,70 m. L'habitacle est tout aussi réussi avec une touche futuriste et dans une ambiance moderne et fraîche, grâce à une alternance de couleurs toniques proposées en fonction des 14 teintes de carrosserie disponibles.

> Un habitacle pratique et gai
À son volant, le conducteur apprécie l'ergonomie des instruments et la lisibilité du tableau de bord, notamment l'écran tactile sous forme de tablette regroupant le système audio, la navigation et la caméra de recul, disponibles en fonction du degré de finition bien sûr. Comme pour la connectivité et les assistances à la conduite. Compte tenu de la taille de l'Ignis, les places arrière sont correctes En version de base, elles présentent une banquette homologuée pour 3 personnes et rabattable 1/3-2/3, alors que les autres versions offrent deux sièges avec dossiers inclinables et rabattables 50/50 mais aussi coulissant sur 165 mm. Cela permet une plus grande modularité du coffre dont le volume initial affiche 260 litres, mais se réduit à 204 litres avec la transmission 4x4.

> Un moteur, 2 boîtes et 2 transmissions
L'Ignis dispose d'un seul moteur 4 cylindres 1,2 litre de 90 ch accouplé à une boîte mécanique ou robotisée à 5 rapports, et de deux transmissions, traction ou 4x4, nécessitant des suspensions différentes sur le train arrière. Enfin, Suzuki dote son Ignis de son système micro hybride léger (15 kg) qui utilise un alterno-démarreur ainsi qu’une batterie Lithium-ion pour venir épauler le moteur au démarrage et dans ses relances. En fait, il amène plus de couple à bas régime, jusqu'à 50 Nm, et le moteur électrique se coupe dès 3.900 tr/mn. Associé au stop/start, il engendre une petite économie de carburant surtout en ville. Mais l'option, réservée à la finition haut de gamme, est facturée 800 € !

> Agile en ville, raide sur la route
Par son gabarit, l'Ignis se destine essentiellement à des parcours urbain. Son rayon de braquage de 4,7 m lui permet une agilité incroyable pour se faufiler et réussir des demi-tours avec beaucoup d'aisance. Sur la route, il tire bien son épingle du jeu au niveau des performances grâce à sa plateforme inédite constituée d'aciers légers spéciaux, la version de base de l'Ignis affichant 810 kg sur la balance. Cependant, les rapports de boîte sont bien longs et il faut souvent jouer du levier de vitesses pour retrouver un peu de tonus. Et en montant en régime, le moteur se fait un peu trop entendre. Enfin, sa suspension ne supporte pas la moindre inégalité de la chaussée, l'amortissement est perfectible et le confort est mis à rude épreuve.

> Une transmission intégrale non permanente
En 4x2 comme en 4x4, la situation est identique, mais l'Ignis montre un meilleur comportement routier et se fait moins sous-vireur en version 4x4, ce qui est logique puisque son viscocoupleur envoie automatiquement du couple sur les roues arrière jusqu'à 50 % en cas de difficulté du train avant. Une option à 1.500 € qui trouve surtout son utilité sur les chemins de terre de campagne ou les routes de montagne en hiver. Son système d'aide à la descente de pente raide et instable, comme sa garde au sol de 18 cm, favorisent incontestablement sa faculté d'aborder certains obstacles. Quant au bilan consommation, il se révèle positif, et malgré une conduite très dynamique, l'ordinateur de bord n'a pas accroché les 6 litres.
Philippe Lacroix