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Opel Karl
Fière d'être allemande ?
Pour compléter son offre de petite citadine à côté de l'Adam, Opel présente la Karl d'aspect plus familial avec ses 5 portes. D'allure banale mais pas désagréable, la publicité la définit comme une allemande, un sous entendu comme un avantage décisif au milieu d'une concurrence très fournie ! L'arrogance d'outre-Rhin n'a rien de nouveau, allant de pair avec des tarifs prétentieux démarrant à 9.990 € pour une Karl bien dénudée.« C'est une allemande ». Il paraît évident que quand on s'appelle Karl, il est difficile de prétendre à des origines italiennes ou françaises ; autrement dit, inutile d'en rajouter pour vanter sa nationalité teutonne, Karl étant cette fois un hommage à la progéniture du fondateur de la marque à l'éclair, Adam Opel. Pourvu qu'il n'ait pas de descendance du nom d'Adolph ! Quoiqu'il en soit, et trêve de perfidie, cette nouvelle voiture, produite en Hongrie, a un aspect sympathique qui ne fera toutefois pas tourner les têtes. D'un style très commun mais bien équilibré, avec une certaine ressemblance avec la Kia Picanto ou la Suzuki Celerio, la Karl ne décevra personne, mais ne provoquera pas davantage d'enthousiasme non plus.
Fonctionnel et austère
Idem pour l'habitacle, bien conçu mais austère malgré quelques touches un peu clinquantes comme l'entourage chromé des compteurs et du noir brillant autour du grand écran en haut de la console centrale. Toutes les commandes sont parfaitement fonctionnelles et les instruments bien lisibles. L'espace pour les passagers est très correct, et les grandes portes arrière facilitent l'accès à la banquette prévue pour deux ou trois personnes selon le degré de finition. Quant au coffre, il est donné seulement pour 190 litres, mais avec une roue de secours qui reste une option. Il peut dépasser les 1.000 litres à condition d'avoir une banquette modulable (au système compliqué) prévue uniquement sur le haut de gamme.
Un tarif décourageant
Concernant l'équipement, la Karl a la possibilité de se rendre accueillante et branchée. Mais en entrée de gamme et facturée 9.990 €, c'est bonjour tristesse. Pas de climatisation manuelle, de régulateur et limiteur de vitesse, de volant multifonction, de vitres avant électriques, de condamnation centralisée, de rétroviseurs électriques, et encore moins d'autoradio avec Bluetooth, prise USB et quatre haut-parleurs. Pour en disposer, il faut monter d'un cran facturé 1.800 €. En fait, tout ce qu'offre une Suzuki Celerio pour 9.000 €. Il n'y a vraiment pas photo d'autant que techniquement les deux autos sont comparables avec des mécaniques et des performances semblables.
Une mécanique mal exploitée
Ainsi, sous le capot de la Karl se trouve une seule motorisation, à savoir un 3 cylindres de 999 cm3, en place déjà sur l'Adam mais dépourvu de turbo et d'arbre d'équilibrage, d'où une puissance de 75 ch. Accouplé à une boîte mécanique à 5 rapports, il se comporte plutôt bien en parcours urbain, mais dès qu'il s'en évade, il est pénalisé par des rapports trop longs. Pour conserver un peu de nervosité sous le pied, il faut souvent revenir en 3ème, voir même en 2ème et monter dans les tours, ce qu'il aime bien d'ailleurs, au détriment du niveau sonore, du confort et forcément de la consommation qui s'établit à 6,5 litres. Maniable en ville, malgré un diamètre de braquage moyen, la Karl démontre un comportement routier de bonne facture, même si une direction plus ferme serait souhaitable, et aborde courbes et virages en parfaite sérénité. De ce côté là, Opel a réalisé pas mal de progrès.
Philippe Lacroix
