Et encore... Automobile

Kia Picanto

Un oursin chez les citadines

Kia lance la 3ème génération de la Picanto. Séduisante dans un style bien personnel, sa citadine plus piquante que jamais espère se faire une meilleure place au milieu d’une concurrence féroce. Avec un soin particulier à la présentation de l’habitacle, son tarif débute à 10.900 €.
Le style est le premier facteur d’achat d’une voiture et le créneau très fourni des citadines, où la clientèle féminine se fait majoritaire, demeure particulièrement concerné par l’aspect esthétique. Extérieurement, la nouvelle Picanto conserve la même allure que la génération précédente ; pourtant elle est vraiment différente, offrant une stature plus agréable et plus dynamique tout en conservant des mensurations identiques. La face avant se montre plus aboutie avec une calandre toujours sous l’empreinte "tiger nose" mais d’un dessin amplifié reliant les blocs optiques. Ces derniers, mieux travaillés dans leurs formes bénéficient de la technologie Led avec une signalétique diurne originale.

> Un habitacle soigné
D’un encombrement semblable, mais bâtie sur une nouvelle plate-forme plus rigide pour une sécurité renforcée tout en étant plus légère de 28 kg, la Picanto présente un habitacle un peu plus vaste grâce entre autres à un empattement plus important, 2 cm à peine certes, mais suffisant pour tout réaménager, offrir plus d’espace à ses cinq passagers, davantage de rangements judicieux et porter le coffre à 255 litres, soit le plus grand de sa catégorie. Le dossier de la banquette se rabattant en 60/40, sa capacité passe à 1.010 litres. À noter que la roue de secours est absente bien que son logement soit prévu. L’ambiance à bord est sereine, les sièges ont une assise importante, et tout l’intérieur est habillé de tissus pour donner un aspect chaleureux.

> Deux essence de 67 ch et 84 ch
La Picanto est animée par deux motorisation, un 3 cylindres de 1 litre de 67 ch et un 4 cylindres 1,2 litre de 84 ch, tous deux commandés par une boîte mécanique à 5 rapports, mais seul ce dernier bénéficie d’une boîte automatique à 4 rapports pour un supplément de 1.000 €. En fin d’année, le 3 cylindres gavé par un turbo sortira 100 ch. La suspension, confiée à un système MacPherson à l’avant et barre de torsion à l’arrière, a été retravaillée afin d’améliorer le confort et le comportement routier, et les barres antiroulis plus rigides présentent des ancrages différents. La Picanto adopte une nouvelle crémaillère avec un rapport de démultiplication réduit, d’où une direction plus directe avec 2,8 tours de volant de butée à butée au lieu de 3,4 et un rayon de
braquage de 4,7 m.

> Beaucoup de plaisir, mais des rapports longs
À son volant, le conducteur se réjouit d’une planche de bord bien structurée et largement inspirée de la grande sœur Rio. Tout est bien en place, bien accessible et bien lisible à l’image de l’écran tactile de 7 pouces placé en haut de la console au dessus des bouches d’aération. Dès la prise en main, on remarque une insonorisation bien améliorée. Toutefois, sur la route où il est parfois indispensable de tirer sur les régimes, la Picanto se fait moins discrète au-delà des 3.500 tr/mn, notamment le 3 cylindres. Une limite souvent franchie, à cause de rapports de boîte trop longs, et rendue obligatoire pour bénéficier du couple maximum et réussir un dépassement ou attaquer un col en toute sérénité.

> Des qualités urbaines...et routières à l’occasion
Cependant, la Picanto a une vocation urbaine et il est peu probable qu’elle soit souvent sollicitée ainsi, tout comme elle aura peu l’occasion de prouver les qualités du freinage et de l’ESP lui offrant une belle marge de sécurité dans les changements de direction rapides en effaçant les débuts de sous-virage inhérents aux tractions. La suspension remplit bien son rôle bien qu’elle ait du mal à encaisser les petits ralentisseurs. En cumulant une bouille sympa, une finition exemplaire, un équipement plutôt riche pour un prix compétitif assorti à la garantie traditionnelle Kia de 7 ans, la Picanto ne manque pas de piments et compte bien donner un coup de chaleur dans le monde des urbaines... et justifier son nom.
Philippe Lacroix