Et encore... Automobile

Jaguar XE Diesel 180 ch

Des griffes bien limées

Jaguar revient dans le segment des berlines familiales dites premium avec la XE aux nombreux atouts dont un style très ''classe'', des mécaniques modernes et un tarif démarrant à 37.000 €. Mais le Diesel tempère bien trop le caractère de la voiture qui mérite largement son V6 essence !

Extérieurement, la XE a conservé l'élégance du style Jaguar bien anglais. Son museau se veut félin sans être trop agressif ni ostentatoire, son profil se fait fluide et l'arrière donne l'idée d'un joli coupé. En revanche, l'habitacle déçoit un peu, non pas qu'il soit maltraité, il semble au contraire d'une conception soignée, mais on regrette le luxe des boiseries précieuses qui ont fait la renommée de Jaguar. Cependant, les temps ont changé et pour rester compétitif, il y a des priorités différentes pour rendre attractive une voiture. Ainsi, la Jaguar XE fait le plein en systèmes audio et multimedia, et donc Bluetooth et système de navigation, sans oublier la caméra de recul avec détecteur d'obstacles avant et arrière. La planche de bord est particulièrement fonctionnelle, et le sélecteur de la boîte automatique constituée par une molette qui émerge de la console après avoir appuyé sur le bouton de la mise en route du moteur, se révèle extrêmement facile d'emploi.

> Diesel ou essence de 163 à 340 ch
Sous le capot de la XE, Jaguar a placé une batterie de moteurs modernes 4 cylindres, essence comme Diesel, ces derniers restant incontournables pour des raisons fiscales et vont encore réaliser l'essentiel de la demande. Il s'agit donc d'un 2 litres d'origine Jaguar conjugué en 163 ch et 180 ch et accouplé à une boîte mécanique à 6 rapports ou automatique ZF à 8 rapports. Côté essence, on retrouve aussi un 2 litres, issu de la collaboration avec Ford, de 200 ch ou 240 ch, mais aussi un V6 compresseur de 340 ch (62.300 €) pour consoler les inconditionnels de Jaguar adeptes de silence et d'onctuosité, et nostalgiques des 8 et 12 cylindres. Certes, il existe bien encore un V8 dans la gamme Jaguar, mais il anime la XJ et c'est beaucoup plus cher. Les motorisations essence sont toutes servies par la ZF à 8 rapports. Une seule version à transmission intégrale (supplément de 2.900 €) est disponible et réservée au Diesel 180 ch en boîte auto.

> Un Diesel de 180 ch de bonne volonté
Bien calé dans un fauteuil réglable électriquement, confortable et enveloppant, avec une vision tête haute des principales informations, le conducteur est prêt pour apprécier cette nouvelle XE inaugurant une nouvelle plateforme constituée à 75 % d'aluminium et reprenant l'architecture d'une propulsion. Le Diesel 163 ch basses émissions étant réservé davantage aux marché des sociétés, il était logique de choisir le 180 ch, futur gros des ventes, mais avec la boîte ZF (supplément de 2.500 €) afin de profiter des 8 rapports qui offrent un meilleur rendement moteur. De plus, des palettes solidaires du volant permettent de gérer les rapports plus sportivement et d'exploiter les qualités du châssis, ou choisir le mode « sport » sur la molette de commande de boîte avec un diagramme de vitesses qui s'exécute plus haut dans les tours. L'occasion aussi de remarquer que le bruit du Diesel se fait un peu trop remarquer... pour une Jaguar.

> Un excellent comportement routier
Sur la route, la XE se révèle plaisante, avec un bon amortissement et un confort de suspension appréciable, notamment sur les petites routes tortueuses et bosselées. Le fait que la XE soit une propulsion entraîne un comportement de berline sportive et vivante, bien aidé par un train avant très accrocheur et un train arrière qui ne dérive qu'en exagérant l'accélération en virage serré. Mais, il apparaît incontestable qu'une motorisation essence est bien plus convaincante pour exploiter les qualités de la XE...et des Jaguar en général. Pour améliorer encore le plaisir de conduite, il suffit de s'offrir, pour 1.610 €, l'option de la suspension adaptative couplée avec le châssis sport et dynamique configurable. Cependant, on retiendra aussi que le stop/start est parfois rugueux et que l'espace aux jambes des passagers arrière est moyen tandis que la banquette est rabattable 40/20/40.
Philippe Lacroix