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Essai Renault Kadjar 4x4
Un Qashqai sous un losange
Pour faire oublier le Koleos bâti sur une plate-forme Samsung, Renault présente le Kadjar, un clone du nouveau Qashqai de Nissan. L'investissement essentiel du constructeur français pour son nouvel SUV s'est donc porté sur le bureau de style avec mission de lui donner plus de caractère que son aîné. Son tarif de base démarre à 22.990 €, mais avec la transmission intégrale, et passage obligé par le Diesel, il faut compter 32.800 €.D'après les services marketing, qui ont dû phosphorer longtemps lors de réunions fumeuses, c'est la contraction de « quad », petit véhicule tout chemin, et du verbe jaillir. Cependant, le dictionnaire rappelle qu'il s'agit d'une dynastie turkmène, de langue turque, qui a régné sur l'Iran ; et au passage, le staff Renault a oublié que Kadjar, qui s'écrit aussi Qâjâr, signifie en turc « qui marche rapidement » une définition plus utile au service commercial de Renault qui a bien besoin que ce nouveau SUV « marche » mieux que le Koleos avec une courbe de ventes dix fois supérieure. De toute façon, le Kadjar ne peut que mieux faire, sa carrure étant déjà plus dynamique. La face avant se veut agressive avec sa grille d'entrée d'air noire mate tandis que la calandre arbore la forme traditionnelle, instituée il y a trois ans, avec le gros losange chromé en son centre, toujours aussi ostentatoire. Bien campé sur ses roues en alliage de 19 pouces, avec des élargisseurs d'ailes noirs, des protections de portes, des skis sous les jupes avant et arrière, des barres de toit de type rail et une garde au sol de 20 cm, le Kadjar a la fière allure des baroudeurs bourgeois.
Un habitacle accueillant
L'intérieur est accueillant et offre de l'espace pour cinq personnes. A l'avant, les fauteuils sont confortables et se règlent dans toutes les positions. Le conducteur apprécie les réglages du volant et une planche de bord agréablement dessinée et fonctionnelle, mais le grand écran central recevant le GPS est placé trop bas dans la console pour une lecture rapide. Même défaut que sur le Nissan Qashqai, ce qui est logique puisque seul l'habillage est différent. À l’ouverture du véhicule, le tableau de bord bénéficie d’une animation visuelle et sonore et l'écran derrière le volant offre 4 modes de visualisation permettant de choisir entre des compteurs analogiques ou numériques pour la vitesse et le compte-tours et des indications sur la consommation. La modularité intérieure est facile, le rabattement automatique de la banquette 1/3-2/3 se réalisant grâce à une poignée dans le coffre qui n'accueille qu'un kit de réparation.
Des mécaniques bien connues
Sous le capot du Kadjar, pas de surprise avec les motorisations bien connues de la gamme Renault, soit un essence 1,2 litre de 130 ch et deux Diesel composés d'un 1,5 litre de 110 ch et d'un 1,6 litre de 130 ch. Seul ce dernier est proposé en transmission intégrale (supplément de 2.000 €) qui se commande par un bouton rotatif au bas de la console donnant le choix entre une répartition automatique du couple sur les trains roulants en fonction de l'adhérence, un verrouillage 50/50 ou un mode uniquement traction. Tous les moteurs disposent du système stop-start et de boîte mécanique à 6 rapports, mais seul le Diesel 110 ch offre la possibilité d'une boîte automatique et à double embrayage. Les versions deux roues motrices du Kadjar peuvent être équipées d'un système de contrôle de traction (250 €) qui permet d’améliorer la motricité du véhicule lors des conditions de conduite difficiles, neige, boue ou sable.
Des prestations honnêtes et homogènes
Sur la route, le Kadjar 4x4, proposé à l'essai, présente un comportement très honorable avec un amortissement apportant un certain confort, mais aussi un peu de roulis en virage. La direction manque aussi de précision et le Kadjar a du mal à s'inscrire dans les virages serrés. Enfin, en montant dans les tours, le Diesel manque de discrétion. Sa consommation demeure raisonnable avec une moyenne de 6,3 litres, mais on est loin de 4,8 litres annoncés sur la fiche technique. Par comparaison, le Honda CR-V de 160 ch aligne une moyenne réelle de 5,9 litres. À noter que dans les chemins de terre, le Kadjar évolue sans difficulté et confortablement, se permettant quelques acrobaties grâce à sa bonne garde au sol et des angles d'attaque suffisants pour escalader quelques bordures. Dans l'ensemble, on a affaire à un véhicule très homogène et agréable surtout pourvu d'un toit panoramique en verre fixe qui apporte beaucoup de luminosité.
Philippe Lacroix
