Et encore... Automobile

Essai Ford Mustang

Une Icône traverse l’Atlantique

La Mustang n’avait jamais été officiellement commercialisée par Ford sur le Vieux Continent. La livrée 2015 l’est dorénavant par l’intermédiaire d’une cinquantaine de concessionnaires labélisés « Ford Store » qui disposent d’un espace dédié.

Pour beaucoup, la Ford Mustang, c’est le rêve américain. Lancée en avril 1964 aux Etats-Unis au tarif accessible de 2 368 $ (soit 10 $ de moins qu’une Volkswagen Coccinelle de l’époque), le premier exemplaire de la Mustang, symbole de puissance et d’un certain machisme a pourtant été acheté par une femme. Mais elle n’était pas seule : le premier jour 22 000 bons de commandes ont été signés ! Il paraît même qu’un client a dormi à la concession dans la voiture qu’il venait d’acheter, le temps que son chèque soit encaissé… En cinquante et un ans, plus de neuf millions de Mustang ont été fabriquées, sans que celle-ci ne soit officiellement importée en Europe. C’est désormais chose faite. Mais si le mythe de la Mustang a aussi vécu au travers des borborygmes de son fameux moteur V8, c’est aujourd’hui avec un quatre-cylindres de 2.3 litres de cylindrée qu’elle s’attaque à nos marchés.

Confortable et plutôt habitable
Un fois que l’on a apprécié le côté spectaculaire du design extérieur, la seconde source de satisfaction vient de l’installation à bord. Les sièges avant sont larges (recouverts de cuir en série) et peuvent être climatisés et chauffés par le biais d’une option à 600 €. A l’arrière, la Mustang propose deux vraies places, bien dessinées dans une banquette moelleuse. Accessibles au prix de quelques contorsions, elles offrent un espace plus contenu pour les jambes. Le niveau de finition, inférieur à ce qu’on peut trouver à bord des stars prémiums du segment, reste en cohérence avec le prix demandé, et surtout témoigne d’efforts en comparaison de ce qu’on a pu voir à bord des anciennes générations du même modèle. L’installation hifi de base est d’assez bon niveau (système Sync 2 avec Bluetooth livré de série), mais le dispositif Sound Premium à 12 haut-parleurs est à conseiller, par le biais d’une option à 1 200 €. Il est couplé à un GPS haut de gamme qui s’affiche sur un écran tactile de 8,2 pouces, ce qui représente un atout pour la revente.

Plus européenne qu’américaine
Si un moteur à quatre-cylindres ne peut résonner comme un V8, les Mustang 2.3 Ecoboost dégagent toutefois une bonne émotion acoustique. Une fois en route, les premiers tours de roue mettent au jour une consistance de direction bien calibrée, en outre ajustable via un commutateur selon trois modes. Si les débattements du levier de vitesse sont courts, les rapports de boîte sont quant à eux assez longs. Et il faut grimper à 5 500 trs/mn pour profiter de la pleine puissance de la mécanique (317 ch), au gré d’accélérations linéaires mais musclées : 5,8 s pour passer de 0 à 100 km/h, et 233 km/h en pointe pour une consommation mixte homologuée à 8,2 l/100 km, ce qui parait honorable. Il est également important de noter que, pour le marché européen, la Mustang est livrée de série avec le Pack Performance (vendu en option aux Etats-Unis), qui comprend des freins de diamètre majoré, des jantes de 19 pouces et un différentiel à glissement limité. Le châssis, réglable selon quatre modes (Confort, Sport+, Track et Snow) se montre dynamique, et si la Mustang n’offre pas la même précision de conduite qu’une BMW Série 4 ou une Audi A5, elle s’avère vivante et sûre.

Bien née et plus adaptée que jamais au marché européen, la nouvelle Ford Mustang offre des performances et des qualités qu’elle avait jusqu’ici ignorées. Bien dans son époque, dédiée à une clientèle qui aime se différencier, elle bénéficie par ailleurs d’un rapport prix/prestations/émotions quasi imbattable. 8 500 clients (dont 800 en France et à Monaco) pourraient en profiter dès cette année.
Didier Laurent/Auto Press Club