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Halte à la pollution numérique

Certaines pollutions sont plus visibles que d’autres. En effet, comme le dénoncent de plus en plus d’associations, le secteur informatique est responsable de nombreux désastres écologiques. Voici quelques explications.

Nous sommes nombreux à vouloir préserver Dame Nature mais nous polluons parfois, sans même nous en rendre compte. En effet, la pollution digitale désigne toutes les formes de pollution engendrées par le secteur informatique : émissions de gaz à effet de serre, contamination chimique, érosion de la biodiversité, production de déchets électroniques. Le gros de cette pollution a lieu au moment de la fabrication du matériel. Voici un exemple fort : la production d’un téléviseur exige par exemple d’extraire 2,5 tonnes de matières premières, et génère 350 kg de CO₂. Autrement dit, avant même d’être utilisé, un téléviseur émet autant de CO₂ qu’un trajet à Marrakech par avion. Et plus les équipements sont complexes, plus on alourdit leur impact sur l’environnement. La fabrication d’un écran 4K de 60 pouces pèsera bien plus lourd sur les éco-systèmes qu’un téléviseur de 30 pouces.

> Des mails génèrent 410 millions de tonnes de CO2 par an

Autre fait marquant, selon l’organisation “Carbon Literacy Project”, un e-mail standard génère environ 4 g de CO2 et cela empire avec une pièce jointe volumineuse, on grimpe jusqu’à 50 g de CO2. Si nous prenons un exemple tout simple : envoyer une photo de vacances de 1 Mo à des amis équivaut ainsi à parcourir 500 mètres en voiture. Car, même si votre mail est transmis à un destinataire qui se trouve à quelques mètres de vous, votre e-mail envoie des données vers les datacenters de Google ou de Yahoo qui sont situés aux États-Unis. Il parcourt donc des milliers de kilomètres en transitant par des dizaines de routeurs, serveurs et autres ordinateurs qui consomment, eux aussi, de l’énergie pour fonctionner et qui nécessitent d’être refroidis. Le problème est aggravé par la quantité de messages qui s’accumulent dans nos boîtes aux lettres. Au total, d’après le cabinet d’études Radicati Group : 281 milliards d’emails ont été envoyés dans le monde, chaque jour, en 2018. En prenant cette moyenne de 4 g de CO2 par e-mail, c’est donc 410 millions de tonnes de CO2 par an qui sont générés. Par comparaison, le transport aérien mondial a, quant à lui, produit 859 millions de tonnes de CO2 en 2017, d’après l’IATA. On l’aura compris, modifier l’ensemble de ses habitudes peut avoir un impact sur la planète.