Art & Culture Monaco

Erwan Grimaud, Technologie embarquée

Fondateur de la société MC-Clic, le Monégasque Erwan Grimaud conçoit des drones innovants depuis près de dix ans. Des engins qui combinent les dernières technologies et offrent à leur clientèle, locale et internationale, le meilleur de l’imagerie aérienne.

- Comment est né votre amour des drones ?
Tout a commencé par une passion, celle du modélisme, transmise par mon grand-père. Il m’a acheté mes premiers hélicoptères et m’a appris tout ce qu’il savait. Il était également passionné de photographie et voyageait beaucoup. Un jour, il a eu l’idée de mettre un appareil photo sur nos engins, c’était les balbutiements de la conception de drones. A l’époque, je participais également à différentes compétitions, j’ai d’ailleurs remporté l’Hirobo Cup, la manifestation suprême du pilotage réaliste. Quand mon grand-père nous a quitté, j’ai mis de côté cette passion. J’ai fait différentes choses avant d’y revenir et de fonder MC-Clic. A l’époque, on était les premiers à construire des drones.

- Quelle évolution majeure les drones ont-ils connu ?
Ces dix dernières années, le secteur a fait un bond incroyable. Et l’évolution la plus majeure s’est opéré au niveau de la fabrication. MC-Clic détient une flotte d’imprimantes 3D dernière génération qui nous permettent de concevoir n’importe quelle pièce. Aujourd’hui, on est capable d’imprimer un boulon, une vis, un système d’amortisseur ou tout autre élément. Ce qui semblait être de la science fiction, il y a dix ans, est aujourd’hui une réalité. On a également connu une progression spectaculaire en termes de photo et de vidéo. On est passé du full HD à du 6K, soit 6 fois la définition standard du cinéma. Et les engins ont extrêmement évolué. En termes d’autonomie et de stabilisation, on est désormais sur des précisions centimétriques.

- Pourriez-vous nous parler de vos prestations ?
Au départ, nos missions étaient basées à 100% sur de la prise de vues et de vidéos. Nous n’avions qu’un seul département. Aujourd’hui, nous en avons 7. Celui consacré à la "photo vidéo, cinéma" a été scindé en deux, avec des prestations dédiées aux professionnels et celles consacrées aux événements privés comme les mariages. Nous avons un département important lié à l’agriculture, avec des drones de traitement aérien et d’épandage. Nous avons d’ailleurs déposé des brevets pour le traitement du charançon du palmier. MC-Clic a également des départements aquatiques et terrestres, qui correspondent aux prestations de contrôle des coques de bateau, bathymétrie etc. Et pour le terrestre, ce sont des missions de prises de vues photo, à partir d’appareils camouflés. On a par exemple fabriqué un faux iceberg permettant de photographier des pingouins et un rocher pour immortaliser des lions, avec National Geographic. Ensuite, nous avons ouvert un département exclusivement dédié
aux services de secours. Et dernièrement, nous nous sommes lancés dans la robotique avec la fabrication d’exosquelettes, et de robots chiens. Pour cela, nous avons signé des accords avec l’entreprise américaine Boston Dynamics. Les applications sont diverses. Elles peuvent permettre à des pompiers de porter de lourdes charges sans efforts ou de désincarcérer une personne en danger. Encore une fois, on frôle avec des choses dignes de la science-fiction.

- Quelles sont les spécificités de vos drones ?
A l’heure actuelle, nous avons quasiment tous les modèles existants mais nous sommes spécialisés dans les V-TOL, ce sont des engins avec décollage vertical et transition horizontale, comme un avion. Ils affichent une autonomie de 5-6 heures, en électrique. Car nous ne produisons que de l’électrique et une grande partie de nos drones sont conçus à partir de matières recyclées. C’est un engagement que nous avons pris afin de soutenir les décisions du Souverain en matière d’écologie. MC-Clic est également leader en matière de vols en conditions extrêmes. Nous garantissons une utilisation avec des vents allant jusqu’à 110 km/h, par pluie battante et avec des températures allant de - 40° à + 50°, ou encore à travers des fumées toxiques. Ce qui nous permet de réaliser des contrôles de volcans ou d’intervenir sur des zones ATEX (fortement explosives). Nous faisons partie des quelques sociétés capables de faire voler des drones dans ces endroits où la moindre électricité statistique peut faire exploser tout le système.

- Quels sont les projets qui vous ont le plus marqué ?
Toutes nos missions sont marquantes mais je dirai que celles avec National Geographic ont été très fun à réaliser. Tout comme celles avec les sociétés Red Bull et Monster. On a suivi des voitures à haute vitesse, c’était très sympa. A un moment, elles ne nous voyaient plus et on s’est fait écraser… (rires) On a également fabriqué des drones qui larguaient des leurres pour entraîner des faucons et leur apprendre à les attraper !

- Avez-vous des actualités à annoncer ?
Nous allons dévoiler en décembre un très gros drone sur lequel nous travaillons depuis plusieurs années et lancer notre gamme de mobilité aérienne. D’autres grandes actualités sont prévues mais nous ne pouvons pas encore en dire plus… A part que le mois de novembre risque d’être très sympathique à Monaco… Affaire à suivre !


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