Art & Culture Monaco

Des champs aux commerces

Si la Condamine est aujourd’hui un des principaux quartiers commerçants de la Principauté, ça n’a pas toujours été le cas. Petit coup d’œil sur l’histoire du quartier.

La Condamine (en monégasque A Cundamina) est située entre le Rocher (Monaco-Ville) à l’ouest et Monte-Carlo à l’est, c’est-à-dire au nord du port Hercule. Le nom vient du bas latin "condominium", qui désigne au Moyen Âge une terre fertile, proche du château, réservée au seigneur et exempte de droits, ou quelquefois un terroir soumis à deux seigneurs. Si aujourd’hui, on y recense plus de 200 commerces, c’était une plaine agricole jusqu’au début du 19e siècle. Les habitants de Monaco, essentiellement logés sur le Rocher, y avaient leurs terres, leurs jardins et leurs oliviers.

Mais quand Monaco a commencé à se développer au milieu du siècle, la zone a été construite de villas et petits immeubles, avant d’accueillir également commerces ou ateliers. C’est là également, en bord de plage, que seront édifiés en 1860 les premiers thermes marins de la Principauté (près de l’emplacement actuel de La Rascasse). On y trouvera aussi les "gazomètres" qui stockaient (jusqu’en 1952) la production de l’usine à gaz installée sous le fort Saint Antoine.

Il faut savoir que de 1911 à 1918, la Condamine était une des trois communes de la Principauté avec Monaco-Ville et Monte-Carlo. Chaque commune était dotée d’un maire nommé par le prince et d’un conseil de neuf membres.

C’est là également que se situe l’église Sainte-Dévote, restaurée au XIXe siècle et chère au cœur des Monégasques, mais aussi le marché couvert, construit en 1880. Entièrement rénovée en 2012, la halle est désormais un lieu convivial où il n’est pas rare d’entendre encore quelques anciens bavarder en monégasque en grignotant barbajuans, socca ou pissaladière...