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Amandine Peyron, Capitaine de L’AS Monaco Football Féminin

Originaire de Lyon, la jeune femme est désormais l’un des piliers de l’équipe de foot féminine de la Principauté de Monaco. Actuellement troisième au classement du championnat District Côte d’Azur, l’équipe menée par l’entraineur Stéphane Guigo vise le podium. Nommée capitaine de l’AS Monaco FF en début de saison, Amandine Peyron revient sur son parcours pour Télé Monaco Magazine. Nous l’avons rencontré lors du Business Time, organisé par la Jeune Chambre Economique de Monaco, le 13 décembre dernier. Rencontre.

Comment êtes-vous arrivée au football ?
Je joue depuis l’âge de 4 ans. Enfant, j’étais plutôt un « garçon manqué » et j’étais très proche de mon cousin qui pratiquait ce sport. En le voyant s’entraîner, j’ai eu envie d’essayer et depuis ce jour-là je n’ai plus jamais arrêté. Pas une seule année. J’ai besoin de jouer et d’être sur le terrain, c’est très important pour moi.

Quel est votre rôle en tant que Capitaine de l’AS Monaco FF ?
Etre là dans les moments difficiles comme dans les bons moments. Aider et soutenir les joueuses sur le terrain et en dehors. Je dois trouver les mots justes. J’ai un caractère un peu en retrait, du coup c’est parfois difficile pour moi. Mais une fois sur le terrain, c’est différent. Je donne mon maximum.

Pourriez-vous nous dire quelques mots sur la saison ?
On a fait une grande préparation physique au mois d’août. Car cette année, il y a beaucoup de nouvelles recrues, il a fallu créer une cohésion dans le groupe. En ce qui concerne le championnat, on a fait un très bon début de saison, malheureusement on s’est relâché sur des matchs importants et notamment celui contre le FC Carros. C’était un match à gagner et l’on a perdu. Mais on s’est rattrapé la semaine dernière contre Avignon. On reste donc à trois points des 2ème au classement. Après Nice et Avignon, notre club est donc troisième. Pour jouer les barrages, on doit rester en haut du tableau et l’on vise le podium.

Existe-t-il une culture du foot féminin dans la région ?
Si je compare avec mon expérience passée, je dirai que la région Rhônes-Alpes est celle qui obtient le plus de résultats et concentre le plus de grands joueurs en football féminin. Après ici, Nice règne depuis quelques années sur le Championnat. Et cela nous pousse à nous dépasser pour pouvoir les détrôner, c’est une bonne motivation.


Que pensez-vous des évolutions récentes en matière de médiatisation et reconnaissance du football féminin ?
Toutes ces évolutions changent beaucoup de choses. C’est très positif pour notre discipline. Et l’on sait que l’organisation de la Coupe du monde de football féminine en France, en 2019, va forcément entraîner la hausse du nombre de licenciés dans les équipes féminines. Des études l’ont prouvé, quelle que soit la discipline, quand un événement majeur est retransmis à la télévision, ça créé des vocations. Après le premier Ballon d’Or féminin de l’histoire, je l’attendais depuis longtemps ! Il y a de très grandes joueuses et la plupart son à Lyon. La gagnante Ada Hegerberg, est d’ailleurs une joueuse lyonnaise (rires). Mais il reste des choses à faire, la médiatisation est encore trop faible. Les équipes féminines doivent avoir leur place en Prime Time sur de grandes chaînes.

Etes-vous positive sur l’avenir du football féminin ?
Oui, on sent que les choses s’emballent. Il y a de plus en plus de monde qui s’intéresse au foot féminin. Je suis persuadée que durant la Coupe du monde, il y aura beaucoup de spectateurs dans les stades. C’est sûr que le jeu n’est pas le même que chez les garçons. Nous n’avons pas les mêmes caractéristiques physiques, cela va peut-être un peu plus vite chez eux, mais c’est plus technique chez les filles. C’est un jeu très agréable à regarder car les actions sont « propres » techniquement. Et je suis certaine qu’au fil des années, tout cela va prendre de l’ampleur.

Avez-vous une joueuse dont la technique vous inspire?
Oui, Amandine Henry. Elle évolue à Lyon et elle a également été nommée pour le Ballon d’or féminin. Elle joue au même poste que moi, milieu défensif. Sur le terrain, son jeu est très beau. Elle est « propre » sur ses transmissions de balles, ses récupérations, elle marque des buts. C’est une joueuse complète.

Que pensez-vous des clichés qui perdurent sur le foot féminin?
Le football masculin et féminin sont malheureusement comparés mais on n’est pas dans les mêmes catégories. Aujourd’hui, les filles n’ont rien à envier aux garçons. Il y a les mêmes coupes : la Coupe du monde, la Champions League, les coupes de la Ligue, Coupe de France… Il y a des clubs très performants. Encore une fois, Lyon a remporté la Champions League à plusieurs reprises. Les femmes n’ont rien à envier aux garçons. Et encore une fois, si le niveau n’est pas le même, cela ne s’est pas développé à la même vitesse. Mais les filles ont le droit de jouer au foot, autant que les hommes. Que ce soit dans n’importe quelle discipline. Ma cousine fait du rugby, et elle est pourtant féminine en dehors du terrain. On a le droit de se dépenser par le sport, quel qu’il soit. Mais la société a bien évolué. Et si la France gagne la Coupe du Monde, les gens verront que les femmes sont aussi compétentes que les hommes sur le terrain !