Art & Culture Alpes Maritimes

Les Gourmand’Eze prennent la route !

Après une troisième édition réussie, les Gourmand’Eze montent en puissance. Le rendez-vous gastronomique et populaire du village veut désormais promouvoir ses chefs partenaires et, pourquoi pas, exporter son savoir-faire. Rencontre avec Elizabeth Moraglio, présidente depuis un an de l’association et cheville ouvrière de cette réussite.

Elizabeth Moraglio - on l’appelle plutôt Babeth - est tombée amoureuse du village d’Eze grâce à son travail. Rien ne prédestinait pourtant cette pétillante Mentonnaise de 50 ans aux métiers de l’hôtellerie. Caissière, standardiste puis secrétaire avant de rejoindre un cabinet comptable de Menton, elle répond en 1991 à une offre d’emploi... à La Chèvre d’Or où elle est engagée par Thierry Naidu. Elle y côtoie des personnes exceptionnelles "comme le chef Elie Mazot ou le directeur de salle, M. Hirtz" durant les 16 années de son travail comme comptable du 5 étoiles. En 2007, elle rejoint le non moins magique Cap Estel où elle exerce toujours comme Directrice d’exploitation financière et RH. Cela fait donc bientôt 30 ans qu’elle œuvre pour la notoriété de ces belles maisons et donc d’Eze.

> Le bilan de ces troisièmes Gourmand’Eze ?
Ce fut une très belle édition. C’était un gros challenge pour la nouvelle association qui venait de succéder au comité des fêtes conduit avec expérience par Jacques Mathieu. C’était notre première organisation et nous voulions une organisation carrée et entièrement consacrée à l’événement pour lui donner du souffle et gérer le mieux possible la subvention municipale, notre seule source de financement avec la participation importante de nos partenaires comme Enodis ou La Cambuse.

> Le village est très concerné ?
Oui, nous avons aussi réussi à entrainer la plupart des hôtels et restaurants d’Eze qui nous aident à prendre en charge les prestataires et les invités. Tout le monde joue le jeu à son niveau avec une grosse implication des villageois et des artistes. On fait d’abord ça pour la notoriété du village, dans l’amitié et la bonne humeur. De leur côté, les habitants du village nous offrent leurs terrasses pour les ateliers culinaires en petit comité. Tout reste très populaire.

> Pouvez-vous évaluer la fréquentation ?
Elle est difficile à chiffrer mais on peut l’évaluer entre 12 et 15 000 visiteurs.
Beaucoup de gens nous en parlent, y compris des chefs qui, c’est nouveau, nous sollicitent désormais pour participer à la prochaine édition.

> Vous venez de lancer les "road trip". De quoi s’agit-il ?
On s’est rendu compte que l’on parlait du Festival avant et pendant, mais peu après. Frustrant. L’idée nous est donc venue de faire connaître, au travers des réseaux sociaux et de notre chaîne YouTube, les chefs participants et leurs maisons en allant les visiter et faire découvrir leur travail et leur environnement.
Nous sommes ainsi allés voir Patrick Bertron, notre parrain 2019, à la maison Bernard Loiseau à Saulieu, puis Régis Marcon à Saint Bonnet le Froid, créateur du Festival du Champignon, qui nous a contacté sur la route du retour. Cela s’est décidé au dernier moment. Et après l’interview, il nous a d’ailleurs affirmé qu’il ferait son possible pour être avec nous à Eze à l’automne prochain.
A Saulieu, le chef Bertron nous a fait une recette et les honneurs de la maison. Avec SGMKG, nous filmons le chef dans son univers mais aussi les beaux endroits traversés sur la route. C’est là que l’on se rend compte de l’importance de la gastronomie dans nos villages.
D‘autres découvertes sont prévues notamment dans le Sud-Ouest, un chez notre futur parrain, un deux étoiles dont je ne peux encore dire le nom. On n’oubliera pas non plus les chefs de la région, dont Monaco.

> Vous seriez en discussion pour exporter les Gourmand’Eze en Chine ?
Nous sommes effectivement en discussion avec nos amis chinois pour exporter les Gourmand’Eze en Chine en novembre prochain. La première année, des journalistes gastronomiques chinois étaient venus à Eze. Séduits par notre festival, ils nous ont ensuite envoyé des chefs chinois en 2018 et 2019. L’idée leur est venue d’organiser quelque chose chez eux et nous ont sollicité. L’idée est de monter une équipe de dix chefs et quelques taggeurs, soit à Xiamen sur la côte sud-est ou à TienTsin près de Pékin. C’est à l’étude mais ils sont très interessés. C’est un beau challenge, surtout après l’ouverture de la ligne aérienne Nice-Pékin. Exporter l’image d’Eze en Chine serait une belle opportunité pour la commune.

> Quels sont vos projets pour l’édition 2020 ?
Nous serons dans la continuité même si on aimerait avoir davantage d’ateliers qui marchent très bien, mais trouver les lieux n’est pas facile, d’autant que les chefs sont prêts à en faire plus. On aimerait aussi créer un marché, ouvert à tous mais dans lequel le chef qui organise un atelier puisse aller choisir ses ingrédients avec les participants.
Vu la demande, on aimerait aussi avoir plus de stands - toujours dans la gastronomie - mais la construction du parking nous pose évidemment des problèmes malgré le gros travail de la mairie et des municipaux.
On le voit, ce ne sont pas les idées qui manquent, ni l’envie de développer encore le rendez-vous gastronomique du village.