Art & Culture Alpes Maritimes

Katie Melua

Elle s'apprête déjà à sortir un 8ème opus dans lequel elle a, en plus de la composition, tenu à relever le défi de l'écriture. 16 ans après son 1er album solo et ses 11 millions de disques vendus, celle qui est considérée aujourd'hui comme l'une des plus belles voix du jazz.

- Dans "Album No. 8" vous avez écrit chaque texte...
Je me suis vraiment plongée dans les paroles et c'est une des raisons pour lesquelles cet album est si spécial à mes yeux... C'est la première fois que tous les mots sont intégralement les miens alors ça m'a poussée à étudier un peu plus les textes d'auteurs comme Flannery O'Connor, T. S. Eliot et Virginia Woolf qui sont mes préférés !

- L'écriture, un exercice à part entière...
C'est drôle, je m'aperçois que pour écrire, je dois me plier à un petit rituel ! (rires) Les idées peuvent me venir n'importe quand mais lorsque je souhaite écrire, j'ai besoin de m'asseoir à mon bureau et de m'assurer d'être dans un état d'esprit créatif. Ensuite, c'est souvent très douloureux... Une véritable lutte ! (rires) Vous êtes distrait puis vous vous remettez en question, vous vous agacez, vous perdez du temps et puis tout à coup, vous ne savez pas pourquoi mais le rythme s'accélère, vous êtes complètement absorbé et fasciné par le travail ! Vous n'avez plus conscience de ce que vous faites ni du temps qui s'est écoulé mais vous sentez que la chanson est en train de naître ! Ça a l'air de ressembler à un accouchement ! (rires)

- 10 chansons dont 4 que le public connaît déjà...
Je suis comblée car ces 4 premiers titres ont été chaleureusement accueillis par le public, je n'avais d'ailleurs jamais eu de tels retours de pays comme la Russie ou les États-Unis ! C'est incroyablement touchant de se rendre compte que des chansons qu'on a écrites ont désormais une vie qui leur est propre, qu'elles plaisent et surtout qu'elles interpellent des gens. L'album ne sortira que le 16 octobre mais je sens qu'il a déjà tissé une nouvelle relation entre le public et moi...

- L'écriture est une nouvelle phase dans votre carrière...
J'ai commencé jeune et j'avais envie de faire mûrir un peu ma musique à travers cet album en "montrant" ce dont j'étais capable... Ce n'était pas un besoin de prouver quoi que ce soit aux autres mais plutôt à moi. Je n'ai jamais rêvé d'être une "star", j'ai juste voulu faire de la musique et chanter. Aujourd'hui, j'ai la chance de pouvoir en faire mon métier et de consacrer tout mon temps à ça alors je n'ai qu'une envie c'est continuer à progresser et à explorer ! (rires)

- Des clips très cinématographiques...
Ils sont magnifiques, ça a été un plaisir de les tourner ! Pour autant, je ne m'imagine pas actrice... Je crois que je respecte trop le cinéma pour ça ! (rires) Par contre, j'aimerais beaucoup un jour travailler sur une bande-son car je trouve ça remarquable de voir à quel point la créativité rassemble les gens !

- Un clip d'ailleurs tourné en Géorgie...
J'essaie d'aller en Géorgie aussi souvent que possible, parce que toute ma famille y est encore. Ça a évidemment eu du sens de tourner ce clip là-bas mais ce que je recherchais avant tout, c'était le bon photographe ou le bon vidéaste, celui qui allait être en mesure de voir le vrai "moi" et Mariam Sitchinava a été la bonne personne.
J'ai commencé tellement jeune que je me suis retrouvée à grandir en me faisant coiffer et maquiller tous les jours... J'en ai développé une relation assez complexe avec l'image... D'un côté, je me suis complètement détachée de l'apparence que je renvoie et de l'autre, j'ai conscience qu'en tant qu'artiste féminine, c'est quelque chose auquel les gens accordent beaucoup d'importance... Il est en quelque sorte impossible de se séparer de sa féminité si l'on veut perdurer dans ce métier...