Art & Culture Alpes Maritimes

Isabelle Boulay

Puissante, nuancée, pénétrante et finement éraillée, cette voix qui s'est déjà frottée au répertoire de la Môme en partageant avec elle un duo virtuel sur Non, je ne regrette rien.

> Piaf, une interprète et une sacrée bonne femme...
C'est probablement l'une des chanteuses que j'ai le plus écoutée dans ma vie ! Cette femme-là me fascinait. Elle était vraie, cash et authentique. Il n'y avait pas "d'enjolivages" ou de "minaudages" avec Piaf ! (rires) C’était une femme libre, farouche, une grande amoureuse et c’était surtout quelqu’un qui ne s’est rien refusé dans sa vie et ça, c’est magnifique ! Elle n’a pas vécu longtemps mais très intensément. Et puis c’était aussi une grande égalitariste ! Le mot féministe me dérange car en réalité, il ne devrait pas exister, on ne devrait pas connaître de "combats" pour gagner une égalité. Piaf ne revendiquait rien, elle était, tout simplement. Elle se mettait naturellement à la même hauteur que les hommes sans aucune défiance ou hargne tout en ayant énormément de féminité. Elle a eu la force de se donner le droit d’être elle-même…

> Vous entendre chanter Piaf ne détonne pas, c'est presque évident...
Ça me touche car je suis une chanteuse de variété mais de nature, ce qui m'attire le plus c'est la grande chanson réaliste. Chez Piaf, ce que j'aime c'est que même si ces chansons étaient très souvent dramatiques, elles nous portaient vers la vie peut-être parce qu'il y avait une grande lumière dans sa voix. C'est quelqu'un qui, malgré les pires épreuves qu'elle a pu traverser, est restée digne et on dirait que sa voix a été l'élément qui lui a toujours permis de rester debout tout au long de sa vie.

> Chanter Piaf...
Piaf m’a fait beaucoup de bien et aujourd’hui, j’aime l’idée de lui rendre hommage en partageant avec le public l’amour que j’ai pour ses chansons et l’admiration que je porte à la femme qu’elle était… En revanche, je ne vais pas mentir, c’est sûr que j’ai peur ! (rires) Se mesurer à soi-même, c’est déjà quelque chose mais oser se mesurer au répertoire d’une interprète pareille, c’est troublant… J’y vais avec beaucoup d’humilité, de respect et d’affection.

Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel / Photos : © Bruno Tocaben


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