Art & Culture Alpes Maritimes

Ary Abittan

Même si son visage est de plus en plus connu des cinéphiles, Ary Abittan n’a pas oublié les bienfaits de la scène… Travailleur invétéré, il a certes enchaîné les tournages pour le 7ème Art mais il a surtout pris le temps d’écrire et réécrire, de tester, de répéter et de roder ce nouveau spectacle qui lui tient profondément à coeur. Racontant sa vie, ses expériences, ses déboires et ses relations avec ses proches, l’humoriste a délibérément choisi - dans My Story - de se mettre plus à nu que dans À la folie où ses personnages, tous plus tordants les uns que les autres, prenaient toute la place. Tout simplement lui mais toujours aussi désopilant, c’est en alliant sketchs traditionnels et stand-up que l’artiste prouve que le succès n’est jamais une raison de se reposer sur ses lauriers. Un spectacle à découvrir sur Amazone Prime Video !

> My story...
Il est très personnel tout en étant universel, le public s’identifie, bien qu’en l’écrivant, je n’aurais jamais pu imaginer qu’autant de gens puissent être aussi sensibles à ce qui me touchait le plus…

> "My story" c’est votre vie, mais un peu romancée…
Tout à fait, je pars d’une base véridique et je la retravaille, je l’étire et je l’assaisonne pour qu’elle devienne drôle. Je me rappelle que mon grand-père me disait toujours de ne pas mentir mais d’ "arranger" un peu les histoires que je racontais… (rires)

> Raconter par exemple son divorce, c’est rendre drôle un moment compliqué voire douloureux…
C’est vrai mais je pense foncièrement que quand il nous arrive quelque chose dans la vie, on a toujours le choix de décider d’en rire ou d’en pleurer et moi, je me suis tourné vers la première proposition… Je ne suis évidemment pas insensible et je souffre comme tout le monde, mais j’ai tendance à tout faire pour sortir le plus rapidement possible du mal être et à relativiser… Je crois que c’est dans ma nature. Et puis, j’ai la chance, de par mon métier, d’être quelque part "condamné" à trouver l’axe amusant et positif de chaque situation.

> Être caricaturé ou imité, c’est exister… Les membres de votre famille l’ont vu de la même manière ?
C’est exactement ça, ils en ont été flattés car même si je tourne un peu en dérision leurs personnalités, il n’y a jamais rien de méchant dans mes propos… Certains membres de la famille regrettent à l’inverse de ne pas être présents dans le spectacle ! (rires) C’est merveilleux de voir que ça leur plait et que, comme mon père – qui a tendance à m’interpeller au premier rang (rires) -, certains sont venus plusieurs fois. J’ai la chance d’avoir une famille formidable et des parents qui m’ont toujours soutenu…

> Pourquoi vous être dirigé vers l’humour ?
Je crois que l’on choisit tous notre voie pour quelqu’un en particulier qu’on aime suffisamment pour ressentir le besoin de le rassurer… Moi j’ai fait ce métier avant tout pour faire rire ma mère et je ne pourrais même pas vous décrire la joie que j’ai éprouvée quand, à 18 ans, je jouais dans un petit cabaret et que j’ai vu son visage s’illuminer… C’était un pur bonheur !

> Dans "À la folie", on avait découvert votre capacité incroyable à donner vie à des personnages…
Même si j’adore incarner des rôles, My story est, à ce niveau là, très différent de À la folie… Je crois qu’à l’époque, je me cachais beaucoup derrière tous ces êtres que je créais alors que cette fois-ci, j’ai osé être profondément moi… Il y a bien sûr certains de mes proches qui débarquent mais ils repartent à chaque fois pour me laisser parler ! (rires) Il n’y a plus de barrière entre le public et moi…

> Et en parallèle de la scène, il y a le cinéma…
C’est extraordinaire de pouvoir faire les deux ! Je me réjouis chaque jour de la chance que j’ai ! Après le succès de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, le plus dur c’est d’apprendre à dire non car on reçoit beaucoup plus de propositions mais surtout, c’est d’être capable de faire les bons choix...