Art & Culture Monaco

Sanctuaire Pelagos, Paradis des mammifères marins

Unique en son genre, le sanctuaire Pelagos est la seule zone maritime internationale dont le but est de protéger les mammifères marins et leurs habitats en Méditerranée. Composé de trois pays, Monaco, la France et l’Italie, l’accord multilatéral à l’origine de la création de cet espace a un impact majeur. Décryptage.

Surnommé le Prince des mers, le Prince Albert 1er de Monaco (1885 - 1910) était un grand passionné de voyages en mer et de recherches scientifiques. A l’époque déjà, il a partagé la présence de nombreux cétacés, observés depuis ses navires ou même des fenêtres du Palais princier. Au fil des années, les recherches scientifiques ont progressé et les données collectées ont expliqué les raisons d’une telle richesse biologique et l’importance de cette zone est devenue évidente. Le sanctuaire est l’un des environnements pélagiques les plus productifs de la Méditerranée, mais également l’un de ceux qui subissent la plus forte pression anthropique, et notamment en périodes estivales avec l’afflux de touristes et les navettes maritimes qui desservent les îles. Dans un cadre aussi complexe, la nécessité d’une structure capable de coordonner les efforts de gouvernance, de recherche scientifique et d’activités de sensibilisation était primordiale.

> Qu’est-ce que l’accord Pelagos ?
Signé à Rome en 1999, et entré en vigueur en 2002, l’accord Pelagos a pour rôle principal de promouvoir des actions et des mesures de gestion harmonisées entre la Principauté, la France et l’Italie, en faveur de la protection des cétacés et de leurs habitats, contre toutes les causes possibles de perturbation et de mortalité d’origine humaine. Des exemples ? La pollution, le bruit, les captures accidentelles, les blessures et la collision avec des bateaux. Depuis sa mise en place, cette incroyable initiative a entraîné la réalisation de nombreuses mesures et d’initiatives concrètes de conservation. Différentes lois et lignes directrices visant à protéger la biodiversité marine locale ou encore l’inscription du sanctuaire sur la liste des ASPIM (Aires Spécialement Protégées d’Importance Méditerranéenne) sont quelques exemples. Sans oublier des programmes de recherche et de conservation, des projets de sensibilisation et d’éducation ou encore des activités de communication avec les médias et autres collectes de fonds. On note également qu’au niveau national, dans chacun des trois pays impliqués, de nombreuses zones marines protégées ont été créées, et bénéficient d’une protection encore plus stricte.

> Pelagos en chiffres :
- Le sanctuaire couvre une superficie de 87 500 km2 et 2 022 km de côte.
- Il comprend deux îles principales : la Corse et le nord de la Sardaigne, et plusieurs îles mineures françaises et italiennes.
- Le sanctuaire englobe 241 communes côtières : 129 en France, 111 en Italie et 1 à Monaco

> La Fondation Prince Albert II (FPA2) s’est engagée contre la pollution sonore
Le constat est accablant, quelque 200 000 navires transitent chaque année en Méditerranée, provoquant un bruit sous-marin, des collisions fatales avec les baleines et menacent ainsi la vie marine. Les eaux européennes abritent environ 33 espèces de baleines, de dauphins et de marsouins, dont les cachalots plongeant à grande profondeur et le deuxième plus grand animal de la planète, le rorqual commun, tous les deux vulnérables aux collisions avec les navires. Une solution simple et efficace existe cependant : la réduction de la vitesse des navires marchands.
Selon le type de navire, une réduction de 10% de la vitesse moyenne des navires permettrait de diminuer le bruit sous-marin d’environ 40%, le risque de collision avec les baleines d’environ 50% et les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’environ 13%. Alerté par cet enjeu, le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) a lancé la campagne "Vitesses Bleues pour la navigation maritime". Une initiative soutenue depuis mai dernier par la Fondation Prince Albert II de Monaco en allouant une subvention de 300 000 euros qui s’étendra jusqu’en 2026.
Olivier Wenden, vice-président de la FPA2 a déclaré : "Il est urgent d’intensifier les actions de protection des baleines et de leurs habitats, pour leur valeur propre, mais aussi pour la valeur qu’elles apportent à l’humanité. Par exemple, le rôle des baleines en termes de séquestration du carbone a récemment été mis en avant, des études montrant qu’une baleine pourrait séquestrer jusqu’à 33 tonnes de CO2 au cours de sa vie. Un effort relativement modeste pour réduire la vitesse des navires aurait un impact positif substantiel sur les baleines et réduirait également les émissions de gaz à effet de serre. Nous sommes donc ravis de soutenir la campagne Vitesses Bleues".


Pour soutenir cette action, il est possible de signer la pétition en ligne : https://bluespeeds.org/fr/stop-pollution-sonore-sousmarine-2/ www.fpa2.org