Art & Culture Monaco

Maestro Kazuki Yamada, Union avec la musique

Directeur artistique et musical de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo depuis septembre 2016, le maestro japonais Kazuki Yamada réalise cette année sa 4ème saison. Pour Télé Monaco Magazine, il est revenu sur son parcours et son actualité.

D’où vient votre passion pour la musique ?
Quand j’étais petit, j’adorais bouger en rythme avec la musique, ce qui est encore une part importante de mon travail aujourd’hui. J’adorais chanter avec le chœur d’enfants, jusqu’au jour où j’ai mué. Le professeur était très strict et il me faisait peur à l’époque. Après réflexion, il m’a réellement fait découvrir la « vraie » musique. Parmi les personnes importantes qui m’ont soutenu au cours de ma vie, nombreuses sont celles qui nous ont quitté ; mais lorsque je joue de la musique, je me sens connecté avec elles.

Que ressentez-vous lorsque vous êtes sur scène ?
Je ressens pleinement mon union avec la musique. C’est vraiment une sensation spéciale et un moment merveilleux. Pour moi, la musique classique a toujours eu le potentiel de faire des miracles. Je ne suis pas chrétien, mais je ressens une sorte d’existence spirituelle qui peut être nommée « dieu » dans la musique classique. Je ne peux pas vivre sans musique, c’est une « vitamine » pour moi.

Pouvez-vous décrire à nos lecteurs les temps forts de votre carrière ?
Ma carrière en Europe a commencé lorsque j’ai gagné le concours de Besançon en 2009, à 30 ans. Depuis, j’ai dirigé d’exceptionnels orchestres dont l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo (OPMC). Je pense que le plus grand « temps fort » est en ce moment-même ! Je suis Directeur musical et artistique de l’OPMC, ce qui est très important pour moi. Accepter ce poste a été une grande expérience, je suis réellement enthousiaste !

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre arrivée en Principauté de Monaco ?
Monaco est un pays unique et spécial qui m’a intéressé dès mon premier concert en 2011. L’OPMC venait de perdre son Directeur musical, Me Kreizberg, et était profondément touché. Mais le concert fut extraordinaire, je m’en rappelle encore.

Comment décririez-vous votre rôle et vos responsabilités au sein de l’OPMC ?
Mon rôle est de « pendre toutes les responsabilités » pour l’Orchestre. Bien entendu, il ne s’agit pas uniquement de musique. Ce rôle a de nombreuses facettes. Je pense que la chose la plus importante est de sublimer le talent de l’Orchestre et faire rayonner son image à travers le monde. Ainsi, une grande partie de mon travail est d’emmener l’OPMC en tournée. Nous avons voyagé dans de nombreuses villes : Paris, Amsterdam, en Suisse, Salzbourg, etc.

En 2009, vous avez reçu le Grand Prix de Direction du 51e Concours international de jeunes chefs d'orchestre de Besançon…
C’était un moment fantastique. Cela a duré seulement une semaine, mais j’ai tellement appris de cette expérience. C’était dur et éprouvant – je ne dormais que 2 heures par nuit ! C’était une épreuve très difficile à surmonter, mais lorsque j’ai gagné le concours, des portes se sont ouvertes sur un nouveau monde. Ma carrière a pris un virage décisif.

Pouvez-vous nous parler de votre carrière internationale ?
J’ai eu la chance de diriger de nombreux orchestres, non seulement à travers l’Europe, mais aussi aux Etats-Unis, en Australie, en Nouvelle Zélande, etc. J’ai récemment commencé à diriger des opéras et des ballets, et j’espère poursuivre dans cette voie. Mon seul projet est de continuer à diriger des orchestres de renommée mondiale.